Par Joie Des Mots
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Les jours qui rallongent, le soleil, exigent de sortir, d'aller s'aérer, le remplissaient d'angoisse.
Les rues les parcs, saturés de filles en minishort et de racailles, tout n'est qu'agression.
La chaleur écrase les volontés.
Tout se déboutonne, tout le monde se traîne.
Les racailles vont, huileux de sueur.
Les rues sentent le shit et la pisse, bruissent du hurlement des ivrognes, vibrent du sillage de voitures de police désespérées qui passent en trombe en direction de quelque scène d'égorgement.
Cette affreuse impression d'effondrement de l’été, des villes civilisées dépassées par la chaleur.
Encore plus que sous les autres saisons le garçon sensible est à chaque coin de rue happé de sollicitations : cuisses, fesses, nichons, en affiches ou en chair ;
Renié par les filles, toisé par les racailles dans une concurrence mimétique sur un cheptel rétréci comme aux chaises musicales, sans cesse menacé, isolé, craint, il voit la vie derrière un triple vitrage et se meurt du contact physique.
Jamais massé, jamais caressé, jamais embrassé, le corps nié par le monde commence à pourrir soixante ans avant la mort.
Lounès Darbois
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