Par Joie Des Mots
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Nous restâmes jusqu'à la nuit.
La panthère somnolait,
épargnée de toute menace.
Les autres animaux paraissaient
de pauvres créatures en danger.
Le cheval rue au premier geste,
le chat détale au moindre bruit,
le chien perçoit une odeur inconnue et se lève d'un bond,
l'insecte fuit vers sa cache,
l'herbivore redoute les mouvements derrière lui
et l'homme lui-même n'oublie jamais
de regarder dans les coins
en entrant dans une pièce.
La paranoïa est une condition de la vie.
Mais la panthère était certaine de son absolutisme.
Elle reposait, absolument abandonnée car intouchable.
Sylvain Tesson
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