Par Joie Des Mots
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S’il est un point sur lequel les historiens s’accordent, c’est que les sorcières mises à mort sur les bûchers au tournant du XVIIe siècle étaient tout sauf progressistes.
Elles étaient bien plutôt des figures traditionnelles, en butte à la modernité naissante.
Dans son ouvrage capital, La Sorcière et l’Occident (1997), Guy Bechtel le dit mieux que quiconque : la sorcière “fut une victime des Modernes et non des Anciens”. […]
Les sorcières ne sont pas mortes pour avoir été des progressistes dans un monde traditionnel.
C’est l’exact inverse : longtemps tolérées bon an mal an, leur présence traditionnelle devint soudainement un obstacle à l’émergence d’un ordre social plus rationnel.
Il fallait donc, note Guy Bechtel, “liquider un passé identifié au paganisme, aux mythes, aux traditions, au diable, aux sorcières”. […] Mona Chollet, si elle avait exprimé la même foi progressiste dans la seconde moitié du XVIe siècle, aurait certainement trouvé place aux côtés des juges, contre les sorcières. »
Guillaume Travers, « Sorcières d’hier, sorcières d’aujourd’hui : les bûchers de la modernité »
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