Par Joie Des Mots
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Espagne. À Ceuta, la révolte d’une ville frontière abandonnée face à l’immigration massive
Un mois après l’afflux migratoire le plus massif de son histoire, l’enclave espagnole de Ceuta, sur la côte nord-africaine, vit toujours dans la tension. Fin juillet, au moins 72 000 personnes ont franchi la frontière depuis le Maroc en l’espace de quelques jours — un afflux massif inédit dans l’histoire de ce territoire de 20 km² peuplé de 85 000 habitants. Un chiffre vertigineux : l’équivalent de la population de la ville a déferlé sur ses plages en 48 heures, principalement des jeunes hommes, entrés en contournant à la nage les digues de Tarajal et Benzú ou en longeant le rivage. Le précédent de mai 2021, environ 12 000 entrées, est pulvérisé. Le bilan humain est lourd : au moins 111 migrants sont morts au cours de l’épisode, selon un décompte établi début août.
Des milliers de clandestins toujours dans l’enclave
Si la majorité des arrivants a rapidement repris le chemin du Maroc — environ 70 000 retours volontaires recensés par Madrid au 3 août —, des milliers d’hommes demeurent sur place : 5 000 selon le gouvernement, au moins 10 000 selon les autorités de Ceuta, errant dans les rues à la recherche de nourriture et dormant sur les plages. Les services publics de la petite ville sont saturés, des campements de fortune se sont installés, et Madrid a dû demander l’aide de Frontex fin août pour le filtrage des migrants, tout en excluant leur transfert vers la péninsule.
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