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Quand l’immigration devient une arme !!!


Quand l’immigration devient une arme : Erdoğan, Loukachenko, le Maroc… et l’Europe qui refuse de nommer la guerre hybride

Minsk, Ankara, Rabat : 3 variantes d’un même chantage

Le cas biélorusse est le plus documenté. En 2021, après les sanctions européennes consécutives à la réélection frauduleuse de Loukachenko, le régime a monté une véritable opération : des compagnies aériennes d’État vendant à des Irakiens, Syriens, Yéménites, Afghans ou Congolais des « forfaits touristiques » vers Minsk, facturés 2 000 à 4 000 dollars, avec passage vers l’Union européenne en promesse tacite ; des gardes-frontières convoyant ensuite les arrivants vers les frontières polonaise, lituanienne et lettone, découpant les clôtures et distribuant des outils. Bilan : au moins 21 morts dans les forêts — un chiffre très probablement sous-évalué, les ONG et la presse étant interdites de zone. La Pologne a répondu par l’envoi de troupes, des lois d’urgence et une barrière d’acier de plus de 5 mètres à plus de 400 millions d’euros — pour se voir aussitôt juger à l’aune du droit humanitaire du temps de paix par la Commission, les ONG et les cours européennes, pendant que Minsk, lui, n’était soumis à aucun examen comparable. Ce deux poids deux mesures, note l’auteur, était précisément le pilier de la stratégie biélorusse.

Le cas turc est structurellement différent, et plus troublant encore : c’est l’Europe elle-même qui a fabriqué le levier. L’accord UE-Turquie de 2016 — 6 milliards d’euros contre le blocage des départs — a sous-traité le contrôle de la frontière extérieure à un État tiers, avec ses intérêts propres. L’épisode de 2020 n’a pas rompu le marché : il en a révélé la nature. Ankara peut ouvrir ou fermer la vanne à volonté, et c’est Ankara, non Bruxelles, qui fixe le prix de la fermeture.

Le cas hispano-marocain est le plus limpide, car le chantage y a fonctionné jusqu’au bout. Mai 2021 : Madrid accueille pour soins le chef du Front Polisario ; Rabat, en représailles, cesse de tenir la frontière de Ceuta, laissant passer quelque 10 000 personnes — dont de nombreux mineurs — en 2 jours. Mars 2022 : Pedro Sánchez se rallie au plan marocain pour le Sahara occidental, rompant 70 ans de position espagnole. Aucun lien officiel, mais une chronologie qui parle d’elle-même. Et les chiffres espagnols récents confirment qui pilote les flux : arrivées aux Canaries en chute d’environ 62 % en 2025 (de près de 47 000 à moins de 18 000) après le renforcement de la coopération avec Rabat, Nouakchott et Dakar — mais hausse simultanée de 24,5 % aux Baléares et de près de 44 % à Ceuta et Melilla. La pression migratoire ne disparaît pas : elle se déplace, au gré des objectifs diplomatiques marocains.
https://www.breizh-info.com/2026/09/11/263875/quand-limmigration-devient-une-arme-erdogan-loukachenko-le-maroc-et-leurope-qui-refuse-de-nommer-la-guerre-hybride/

 

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