Par Joie Des Mots
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Devant la proue les canards décollent à grand peine,
a la pagaie, on peut s'approcher des bêtes
sans les effrayer.
J'échoue sur le sable de la plage bordée par un torrent
dont les bouillons se mêle au lac.
Un orage me chasse sous un cèdre.
Les chiens me rejoignent.
Le lac est une flanelle anthracite
piquetée par un déluge d'aiguilles.
En cinq minutes le ciel s'ouvre.
Sous l'arc en ciel, en grenouillère,
je pêche dans le courant.
Des canards me frôlent.
Des faisceaux de soleil décorent la forêt
de taches blondes.
Il y a dans cette distribution des rôles tenus
par la montagne, la rive, l'eau et les bêtes
une tenue parfaite.
Sylvain Tesson
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