Par Joie Des Mots
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Que le personnage principal de The Queen appartienne à l’exception, c’est l’évidence.
Cette singularité est associée à sa fonction et à l’idée exigeante qui l’habite.
Mais cette exceptionnalité souligne chez la reine des sentiments supérieurs qui ne sont l’apanage ni de sa fonction ni de son rang.
Les mêmes sentiments, moins spectaculaire, habitent certainement nombre de ses sujets anonymes et bien d’autres personnes ailleurs.
Le stoïcisme n’est le propre d’aucune catégorie sociale.
Ne pas se plaindre, conserver pour soi ses peines, ne pas étaler ses sentiments, ses humeurs, ses états d’âme, ses drames affectifs ou gastriques.
S’interdire de parler d’argent, de santé, de cœur et de sexe, tout le contraire de ce qui s’étale dans les magazines de salons de coiffure et chez les “psys”.
Dans son roman Les Carnets du colonel Bramble, André Maurois, qui avait participé à la Première Guerre mondiale, a tracé un portrait éloquent des jeunes officiers britanniques élevé à l’école du stoïcisme : “On a passé leur jeunesse à leur durcir la peau et le cœur. Ils ne craignent ni un coup de poing, ni un coup du sort. Ils considèrent l’exagération comme le pire des vices et la froideur comme un signe d’aristocratie. Quand ils sont très malheureux, ils mettent un masque d’humour. Quand ils sont très heureux, ils ne disent rien du tout…” À défaut de contrôler le destin, on leur a appris à se contrôler eux-mêmes.
Dominique Venner
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