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La France dominicale de l’après-guerre …


Qui se souvient encore, aujourd’hui en France, du vacarme joyeux des cloches dominicales, lorsqu’elles déclaraient la messe terminée et que les ouailles se séparaient dans la paix du Christ ?

Qui se souvient de ces familles regagnant leur maison, des enfants qui couraient au-devant en criant, en riant ?

Où est passée la boulangerie-pâtisserie où une file joyeuse de paroissiens s’allongeait bruyamment en attendant de récupérer sa commande du samedi et deux pains brûlants ?

Qui respire encore le fumet coloré d’un poulet sortant du four, odeur rassérénante qui remontait la rue en avivant voluptueusement le flair des affamés ? 

Qui entend encore le tintement des verres et des couverts, le rire en cascade des filles joyeuses, les éclats de conversation s’échappant par les fenêtres grand-ouvertes ?

Où sont parties les cloches des dimanches villageois, qui brisaient le silence des campagnes, couvrant l’excitation des chiens et l’orgueil des coqs ?

Les “sans-Dieu” n’étaient pas à la fête lorsque la messe se terminait et qu’ils devisaient sur la naïveté coupable des Chrétiens insouciants, le cul rivé sur les chaises en fer torsadé et bois usé du troquet d’Émile Jardouin, ancien savetier reconverti dans la prune allongée et l’affreux picrate du Midi rouge.

La France d’alors se réjouissait de ces contrastes.

Chacun, dans la population, trouvait sa place, naturelle ou d’élection.

Le plus souvent, les choses se faisaient sans amertume ni éclats.

Les paroles se croisaient, échanges de vue soutenus ou discussions mesurées.

Les gens ne s’ignoraient pas de ce temps, ils se reconnaissaient volontiers dans le regard de l’autre.

Ainsi se confortaient les groupes, les clans et les familles, dans cette chaleur de l’esprit qui précède toujours celle des corps, sous le vacarme joyeux des cloches dominicales. 
J.-M. M.

L'image, c'est l'église de mon bourg, qui a connu toutes nos "obligations" !!! religieuses. Le dimanche il y avait un marché, là où sont les arbres et le bureau de tabac-café en face, c'était un temps si heureux. Aujourd'hui, tout est démoli, bétonné, seule reste l'église.

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