Par Joie Des Mots
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La Vierge brisée et la colère corse
Au milieu de ces pensées assez sombres, une petite affaire corse m’a pourtant apporté une manière de réconfort. Elle est sordide dans ses commencements et presque archaïque dans son dénouement. C’est précisément pour cela qu’elle mérite que l’on s’y arrête.
Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, à Porto-Vecchio, deux jeunes saisonniers s’en prennent à une statue de la Vierge Marie installée au rond-point de Stabiacciu. La scène est filmée par les intéressés eux-mêmes. L’un se suspend à la statue, mime un acte sexuel et tient des propos obscènes tandis que son compagnon filme en riant. La statue est finalement arrachée de son socle et retrouvée à terre. Les deux hommes, âgés d’une vingtaine d’années, sont interpellés quelques heures plus tard et poursuivis pour dégradations graves en réunion et exhibition sexuelle.
Le choix de la victime symbolique n’est pas indifférent. La Vierge n’est pas en Corse un bibelot municipal posé là pour meubler un rond-point. Sa vénération y est ancienne ; elle est considérée comme patronne de l’île et fut proclamée « reine immaculée de la Corse » au XVIIIe siècle. Détruire une telle statue, puis faire de cette destruction un spectacle destiné aux réseaux sociaux, revient donc à toucher quelque chose qui appartient à la mémoire collective autant qu’à la religion.
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