Par Joie Des Mots
Lorsque l’injonction surgissait il s’agissait de réagir rapidement et de précisément ne pas bayer. Aux corneilles s’entend. Dans l’instant il fallait y aller sans réellement se poser de question. Car le dernier à l’eau héritait généralement des pires corvées qui soient, vaisselle, lessive, patates à éplucher, de quoi vous gâcher une journée de vacances.
C’était comme ça : quelqu’un criait à la baille ! et on sautait dans l’eau glacée de la rivière ou on courait comme des dératés jusqu’à la mer.
À la baille est désormais une expression surannée parce qu’elle nous vient des congés payés, de juin 1936 et du Front Pop’ (le vrai, le pur !!!) : c’est elle que l’on hurle de joie en découvrant la mer pour la première fois pendant ces quinze jours auxquels tout salarié a désormais droit. Et avec ces 600 000 vacanciers lâchés sur les routes de France, ce mot d’argot ou plus exactement du français populaire, va faire florès. Rendez-vous compte, tous ces Titis de Paname et d’ailleurs en goguette sur les plages bretonnes et normandes, ça en fait du beau monde à la baille.
Qu’importe la température de ce qui nous attend, c’est le geste et l’attitude qui comptent quand se crie à la baille !
Ne pas trop réfléchir, courir, sauter.
Conserver comme une âme d’enfant et une certaine idée du bonheur.
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