La région colonisée par les castors. A Distré, ils risquent l'expulsion
Le Castor avait disparu de la Loire et de France, depuis le XVIIIe siècle. Il était chassé pour sa fourrure, considérée comme la plus agréable du règne animal. Il a été réintroduit en Loire dans
les années 1975. On les compte aujourd'hui par dizaines et ils colonisent les affluents. Leur présence n'est pas sans poser de problèmes. A Distré, le maire envisage l'expulsion.
Les premières traces du retour du castor dans la région remontent aux années 1980 avec un individu trouvé mort à Varennes-sur-Loire en 1981 et des indices de présence près de Montsoreau. Ce n’est
qu’en 1988 qu’un gîte est découvert près de Saumur. Trois ans plus tard, une famille s’installait sur le Louet à Rochefort sur-Loire, 60 km en aval. En 1993, six familles sont installées sur 75
km de Loire. En 2000, le nombre de familles en Anjou, était estimé entre 15 et 18. En 2010, le nombre de familles est estimé entre 32 et 35 sur l’ensemble du département et toute la Loire est
colonisée.
Petit à petit, le castor colonise.
Sur les affluents de la rive gauche, un territoire a été identifié sur le Thouet en 2000, sur lequel cinq familles sont aujourd’hui présentes. A partir de 2005, l’Aubance et le Layon sont
colonisés. Une dispersion erratique a pu être notée sur la Moine en 2006, aux alentours de Cholet. Pour la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), Le Maine-et-Loire à lui tout seul compterait
entre 46 et 56 familles, soit environ 300 individus. C'est deux fois plus qu'en 2005, où l'association Anjou Nature ne recensait que 28 familles (dont deux à cheval sur les départements
limitrophes). La LPO qui mène chaque année des campagnes de prospection, constate que « la Loire est bien saturée, avec 39 à 45 familles connues entre Montsoreau et Nantes ».
Un développement rapide.
Un adulte pèse en moyenne 21 kg et mesure jusqu'à 1 mètre (queue d'environ 30 cm comprise). Dans l'eau, il est facilement confondu avec le ragondin. La femelle allaite ses petits, la
portée annuelle est de un à deux individus. Le castor est exclusivement végétarien et a besoin de 2kg de matière végétale ou de 700 grammes d'écorce. Il adore les saules et les peupliers ... Ce
qui n'est pas du goût de tous.
Les aménagements des castors ne font pas plaisir à tous.
L'animal est semi-aquatique, il a besoin d'eau et d'arbres. Partout où il peut construire une hutte et un barrage il le fait. En 2010, à Distré, la destruction d'un barrage sur le ruisseau
du Douet, en amont d’un passage busé de la déviation de Distré sous la route nationale 347, avait défrayé la chronique. Pour la municipalité, ce barrage posait un problème de sécurité et
d’atteinte aux biens. Elle l'avait fait détruire mais immédiatement, les castors en avait établi un second . En janvier 2012, le maire de Distré a déposé une demande de reprise et de déplacement
des castors.
Une solution a été trouvée mais personne pour la mettre en place.
Le castor est strictement protégé par la loi et toute destruction de barrages ou de terriers est strictement interdite. Pour maintenir les castors en place et trouver une solution, plusieurs
réunions se sont tenues en sous-préfecture. Les naturalistes avait envisagé que la LPO gère des siphons. Cette solution aurait fait ses preuves au Canada. (comme vous le comprendrez avec les
images ci-après, il s'agit de permettre de trouver un compromis quant au niveau de l’eau). Mais après recherches, les naturalistes n'auraient trouvé aucun bénévole qui souhaite s'investir pour
les castors de Distré et certains d'entre eux ne croiraient guère à cette technique.
De l'intérêt général.
Les castors se retrouvent donc seuls et le maire de Distré, Eric Touron, entend bien les déloger pour restituer l'espace à ses administrés : « A ce jour les castors travaillent toujours et
rendent impraticable une partie de notre marais où nous proposons des coupes de bois aux habitants de Distré. J'envisage donc de porter ce dossier devant le tribunal administratif afin d'obtenir
l'autorisation de détruire les barrages au motif qu'en qualité de maire, je me dois d'assurer la protection des biens et des personnes ».
Les castors sont-ils protégés par la trêve hivernale ? Les autorités devront peut-être attendre le printemps pour les
déloger.