Par Joie Des Mots
400… Quatre cents… L’humanité n’aurait jamais dû dépasser ce nombre. Elle l’a fait. Elle vient de franchir l’obstacle symbolique derrière lequel il y a un précipice. Elle n’a pas voulu écouter les sages. Elle a refusé de prendre les bonnes décisions au bon moment. Elle s’en mordra les doigts. Ou, plutôt, la nature, la Terre, la biosphère lui feront payer son audace au prix fort… Peut-être à celui de sa disparition !
400, oui… Mais 400 quoi ? 400 ppm, c’est-à-dire 400 parties par million de gaz carbonique dans l’atmosphère. 400 molécules de CO² par million de molécules dans l’air… Les capteurs de l’observatoire américain du Mauna Loa, à Hawaii, viennent d’indiquer que la barre est dépassée. On mesure la concentration de l’air en CO² de façon ininterrompue depuis 1957 et le lancement de l’année géophysique internationale. En 1960, le chiffre était de 360 ppm. Les spécialistes estiment qu’avant la révolution industrielle, au XVIIIème siècle, on culminait à 280. En 2013, on a battu les 400. Loin de se ralentir, le rythme s’accélère. La croissance de la concentration de CO² dans l’air s’élevait à 0,7 ppm par an au début des années 1960. Elle a été de 2,1 ppm tous les douze mois lors de la dernière décennie. Selon les chercheurs du Global Carbon Project, nos émissions de CO² ont atteint 34,7 milliards de tonnes en 2011, en hausse de 3 % par rapport à 2010… et de 54 % par rapport à 1990 !
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