Envahissante. L'ambroisie est apparue en Europe en 1860. « Elle a été importée d'Amérique du
Nord, explique Bruno Chauvel, de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique). Durant un siècle, elle s'est tenue tranquille. » En 1970, les premiers cas
d'allergies sont signalés (écoulement nasal, conjonctivite, asthme), principalement dans la région lyonnaise. La plante y est particulièrement présente. Depuis, elle n'a cessé de gagner du
terrain.
Conquérante. Depuis trente ans, l'ambroisie a quitté son berceau de la région Rhône-Alpes pour remonter vers le nord et l'ouest. « Elle progresse le long de la Loire et
dans la vallée de la Garonne. » Elle commence à se répandre dans les Pays de la Loire et pourrait remonter en Bretagne.
Allergisante. Le pollen est libéré en très grande quantité par les fleurs mâles, à partir de juillet. « La période la plus forte est août/septembre. C'est là que l'on
dénombre le plus de gens malades. » Quelques grains, cinq à six par mètre cube dans l'atmosphère suffisent à déclencher une forte allergie chez les sujets sensibles.
« Les allergiques doivent se soigner du rhume des foins en mai jusqu'à l'ambroisie, en septembre. »
Où pousse-t-elle ? Dans les zones liées à l'activité humaine, « sur les bords de route, dans les lotissements, les friches industrielles et agricoles, ou dans des
parcelles cultivées ». Elle pousse dans les lits de rivière, « occupe des milieux où les autres plantes ne se développent pas. » Plutôt
solitaire, elle ne menace pas la biodiversité.
Que faire pour la stopper ? « Ce n'est pas simple, car elle occupe des milieux différents, gérés par des personnes différentes. Son éradication n'est pas toujours jugée
prioritaire. » Ainsi, un agriculteur préférera éliminer le chiendent avant de s'attaquer à l'ambroisie. Un gestionnaire de carrefour s'occupera d'abord de l'herbe qui pousse sur la
route. Une action cordonnée s'impose. L'Inra, en lien avec le ministère de la Santé, met en place des méthodes basées sur le rythme biologique de cette plante annuelle. Un groupe de
parlementaires a été créé. « Il faut agir avant que la plante ne se soit véritablement installée notamment dans l'Ouest. » Car une fois développée, son éradication
chimique est souvent impossible en raison des conséquences pour l'environnement.
Philippe LEMOINE.