Par Joie Des Mots
Si une chose représente à elle seule la nonchalance de l'été, c'est bien la babouche. Tout voyageur séjournant dans le Maghreb en a rapporté une paire qu'il porte à l'intérieur en substitut des pantoufles.
L'authentique est la marocaine, dont le processus de fabrication a récemment été reconnu par l'organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Pour mémoire, le terme même de "maroquinerie" vient de ce pays de tanneurs de peaux de chèvres et de mouton.
Les bouts pointus sont citadins, les bouts ronds berbères et ruraux. De la plus simple pour tous les jours à la plus brodée pour les grandes occasions, cette chaussure ancestrale multiplie les variations selon les régions.
La simplicité de la ligne graphique séduit les européens. Portée en ville à l'occidentale, elle accompagne des pantalons masculins ou des robes structurées.
Les stylistes marocains de Jnoun font porter à leurs mannequins la babouche traditionnelle.
La babouche pointue et ultra-plate tient le haut du pavé ce printemps. Mais marcher en babouche, ce n'est pas courir, plutôt flâner. Et, au repos, on aime jouer à la balancer au bout de son pied. Une invitation à la rêverie qu'on ne saurait refuser.
Bernadette Bourvon pour ouest-france du 30 avril.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Babouche

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