Par Joie Des Mots
Qui se permet de juger et qui ait honte ....
Le talent a précédé la génération qui s’est exhibée aux Césars 2020, et il leur fait cruellement défaut. Alors que Truffaut reste adulé au Japon, les rétrospectives de Pialat s’étalent sur plusieurs jours à Los Angeles. Godard, Rohmer et Audiard ont été récompensés dans toute l’Europe. Que dire de l’oeuvre de Roman Polanski, dont le talent éclipse en une scène les kilomètres de pellicule des Foresti, Jamel and co ? Or, depuis 2013 et le prix décerné à Michael Haneke (Amour, production franco-autrichienne avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva et Isabelle Huppert), Hollywood boude nos créations. La caméra victimaire de Ladj Ly – rentré bredouille de Californie – n’aura, malgré l’immense soutien médiatique, pas su vaincre le mauvais sort.
Le cinéma français excelle néanmoins dans trois domaines : le népotisme, la morale, et l’obtention de subventions publiques.
Sous perfusion du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), dont le budget est constitué à 82% de taxes – considérées juridiquement comme des aides d’État –, nos pépites cinématographiques peuvent prendre forme. Ainsi, en 2018 ces prélèvements représentaient 671 millions d’euros, sur un budget de 813 millions. Tout le monde met la main à la pâte : spectateur quand il achète un billet, opérateurs télécoms, éditeurs, chaînes de télévision. À plusieurs reprises, Bruxelles a jugé illégale cette aide.
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