Par Joie Des Mots
Un matin, Serban Damboviceanu a vu les arbres qui entouraient son domaine viticole de Corcova, au sud-est de la Roumanie,
« tomber les uns après les autres ». Les gardes forestiers chargés de l'entretien de la forêt
« coupaient au-delà de la parcelle prévue, notamment des arbres précieux, comme des chênes ». Ces coupes massives étaient illégales et
alimentaient un trafic de bois à grande échelle.
Un cas loin d'être isolé. La forêt roumaine, qui couvre 28 % du territoire, est grignotée par cette déforestation. « Apparu dans les années 1990, quand les
forêts nationalisées sous le communisme ont été restituées à leurs propriétaires, ce phénomène se propage, s'inquiète Doina Danciu, de Greenpeace Romania. On a enregistré
plus de 30 000 cas de défrichages sauvages entre 2009 et 2011, y compris dans des zones protégées. Par exemple, 12 ha de forêt
vierge ¯ la plus vaste d'Europe, avec 300 000 ha abritant des espèces rares ¯ ont été coupés dans
le parc national du Retezat ! »
Greenpeace veut inscrire certaines zones forestières au patrimoine mondial de l'Unesco pour mieux les « sauver ». Doina dénonce
l'impact de la surexploitation des ressources forestières. De grandes sociétés européennes et chinoises exportent le bois roumain dans le monde entier. Hêtre, chêne, conifères, résineux... Ces
coupes légales et illégales nuisent à presque toutes les familles d'arbres.
Les « pilleurs » de bois ne risquent pas grand-chose, quand ils sont découverts (ce qui est rarement le cas). Selon une étude de la fondation Ecopolis, sur 7 000 dossiers ouverts,
seuls trente-quatre se sont soldés par des condamnations à de la prison ferme depuis 2009. Le ministère de l'Environnement a promis de « durcir » la
législation.
Marion GUYONVARCH.
Ouest-France

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