Par Joie Des Mots
Par Gérard Charollois
Vous lirez, sous des plumes niaises ou, plus souvent, malveillantes, cette critique de l’écologisme : « nostalgiques d’un âge d’or révolu, ennemis de la société et de la raison, petits bras et grandes gueules, les écologistes refusent le progrès, cultivent la peur, prônent un néo-obscurantisme hostile aux Lumières ». Notre contempteur, indigné que l’on puisse contester les pesticides, les OGM, les gaz de schiste, la croissance démographique et celle corrélative du béton et du bitume, des ronds-points et des super-marchés, des zones industrielles et des lotissements, des autoroutes et des aéroports, « hauts-lieux du bonheur et de l’épanouissement humain », caricaturera une éthique qui le dépasse.
Comment ne pas être confondu par une telle indigence intellectuelle de la part de ces commentateurs, zélés adorateurs des firmes agrochimiques et de tous les lobbies de l’industrie et des affaires. Certes, il existe, sans doute, des écologistes réactionnaires s’imaginant un passé idyllique et frileux devant les connaissances, la science, le déchiffrage du grand livre du monde, des écologistes crédules et superstitieux, à l’esprit antiscientifique et magique, mais l’écologie n’a nullement le monopole des survivances du Moyen-âge. Ces billevesées ont cours dans bien des milieux et tous les humains ne marchent pas à la même vitesse. Réduire la pensée écologiste à une crise de la raison relève d’une affligeante mauvaise foi.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article30693

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog