Par Joie Des Mots
Ce papier a été publié sur Reporterre le 7 janvier passé.
Vous savez quoi ? J’ai pris trois balles dans la peau le 7 janvier 2015, au siège de Charlie-Hebdo et je ne recommande pas l’expérience. Seulement, je ne supporte plus cette France pétrifiée, tremblante, prête à donner les clés du royaume à ses flics, à ses soldats, à ses nombreux et ténébreux services secrets, que personne ne contrôle parce que personne n’a jamais songé à contrôler.
Fabrice Nicolino
Cette France à genoux devant la folie meurtrière donne une idée précise de ce que nous sommes devenus. Incapables de répondre sur le plan de l’imaginaire et de la civilisation, nous ne voyons l’avenir que sous la forme d’une surveillance totale, agrémentée, car nous savons vivre, de creux discours sur la démocratie et la fraternité. Attention, pas de malentendu : je pense qu’il faut nommer le totalitarisme nouveau incarné par les djihadistes. Et je suis bien convaincu qu’il faut savoir sortir des armes – des vraies, en acier trempé – quand il faut affronter des barbares. La question n’est donc pas celle-là. La question est que nous n’avons rien à défendre qu’un monde de pacotille et de falbalas. Quoi ? Le but de la vie sur Terre ne serait donc que la possession de bagnoles – une, deux, trois si possible -, de télés, d’ordinateurs, de téléphones portables ? Il faudrait donc perdre sa vie dans un travail aliéné pour enfin profiter de vacances bien méritées ? À la mer – dans le béton et la furie des foules sur le sable – où au ski, dans ces villages Potemkine où le personnage principal est désormais la neige artificielle ?
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article30428

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