Par Joie Des Mots
Par Gérard Charollois
L’actualité et les journalistes qui la font, en sélectionnant les thèmes à la mode, bruissent du concept étrange de « populisme ». Pour ces commentateurs formatés, le populisme s’entend d’un « national socialisme » assumé ou édulcoré, d’un mélange de ringardise, d’ignorance, de vulgarité et de rejet. Le leader dit « populiste » cultive la formule fracassante du regretté François Cavanna : « La politique est l’art de plaire aux cons ». Ainsi, les partis de droite autoritaire en Europe, l’affairiste milliardaire Trump aux USA, représentent ce que vos médias qualifient de « populisme ».
Essayons d’analyser ce phénomène inquiétant et l’absence d’approfondissement de ses origines. Notre « journaliste » formaté, nourri au sociologisme, se désolera de ce que « le peuple » rejette ses élites, ne suit plus les avis et consignes des grands partis, des experts, des hauts-parleurs de la pensée convenue. Je ne partage pas cette analyse primaire, fruit d’un catéchisme de la bien-pensance. Les peuples ne rejettent pas les « élites » mais, phénomène plus grave : il n’y a plus d’élite. Ce ne sont point les idées de droite, réactionnaires, haineuses, nauséabondes, traditionalistes, de ressentiment aigre, qui triomphent dans toutes les démocraties, mais la mort des idées, le vide abyssal, la déroute de l’intelligence, de la raison, le néant de la réflexion, le refus de la complexité.
Que propose les pseudo-élites que les peuples n’écoutent plus ? Elles invoquent la croissance, la marchandisation, la loi du Marché, la concurrence féroce, la compétition permanente, l’oubli du vivant et le culte de l’argent. Elles façonnent non pas des citoyens critiques et éveillés, mais des consommateurs avides, béats devant une caste arrogante qui pille la terre et étale sa vulgarité.
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