Par Joie Des Mots
Le dernier ouvrage de Naomi Klein fait couler beaucoup d’encre dans la presse anglo-saxonne. Selon cette figure de l’altermondialisme, il faut se saisir de la lutte contre le changement climatique pour renverser l’ordre libéral et construire une société plus juste.
Par Naomi Klein
Il y a environ un an, j’ai dîné avec des amis à Athènes. Le lendemain matin, je devais interviewer Alexis Tsípras, le leader de Syriza, principal parti d’opposition (alliance de gauche), et l’une des rares lueurs d’espoir dans une Europe dévastée par l’austérité. J’ai demandé à mes amis quelles questions je devrais lui poser. Quelqu’un m’a suggéré : “L’Histoire a frappé à votre porte. Avez-vous répondu ?” À l’époque, Syriza combattait farouchement l’austérité. Ce parti avait toutefois du mal à formuler clairement sa propre vision économique positive. Je m’étonnais surtout qu’il ne trouve rien à redire à la reprise des explorations pétrolières et gazières décidées par la coalition au pouvoir – une menace pour le magnifique espace maritime grec et, plus généralement, pour le climat. Il se bornait à réclamer que les recettes soient utilisées pour financer les retraites et non pour rembourser la dette du pays. Il ne proposait aucune alternative à l’“extractivisme” (intensification de l’extraction des ressources naturelles), et défendait simplement une redistribution plus équitable de la manne pétrolière – revendication que l’on retrouve dans pratiquement tous les pays d’Amérique latine gouvernés par la gauche.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article26951

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