Par Joie Des Mots
« L’école n’instruit plus, voilà la vérité simple et scandaleuse à la fois » René Chiche
Ce n’était pas le début de la fin ; c’était déjà la fin, le résultat de quarante ans de réformes, de batailles politiques et de combats d’égo bourdieusiens, jospiniens, filloniens, meirieusiens et vallautbelkacemmiens, pour n’évoquer que les plus éminents bousilleurs de l’école. Aujourd’hui, René Chiche, professeur agrégé de philosophie, ne tire pas la sonnette d’alarme : il pousse un dernier cri d’indignation et de colère tandis que le train scolaire, sorti des rails, finit au ralenti sa course dans les airs, avant l’effondrement final.
Il faut lire La désinstruction nationale (Éditions Ovadia), surtout si l’on n’est pas un professeur ou si l’on ne veut pas rester aveuglé par les déclarations de Monsieur Blanquer qui faillit nous faire croire à un changement de cap radical. Aujourd’hui, nous dit René Chiche, un élève de terminale, après quinze ans de scolarité, dont trois à préparer le saint-bachot, écrit le nom de ce dernier ainsi : « Bac à l’oréat » ! La langue française est maintenant une langue étrangère pour un nombre croissant de nos lycéens : la faute à un apprentissage de la lecture et de l’écriture qui se fait en dépit du simple bon sens, de méthodes pédagogiques toutes plus idéologiques et inopérantes les unes que les autres, des heures de cours remplacées par des heures « d’éducation à la citoyenneté » (sic) – la dernière « éducation à la citoyenneté » consistant en la désignation d’au moins un éco-délégué par classe, lequel éco-délégué imitera les combats éco-suédois dans une langue approximative mais avec la bénédiction de proviseurs voulant « sortir du rang et se faire remarquer par toutes sortes de “projets” » pour prendre du galon, gravir les échelons hiérarchiques et finir par siéger dans toutes les instances de destruction de l’école possibles.
https://www.causeur.fr/desinstruction-nationale-rene-chiche-171111

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