Par Joie Des Mots
La tradition musulmane, grâce à la plume d’habiles historiens – souvent des convertis persans du VIIIe siècle – a fait de Mahomet un mythe, une sorte de surhomme, le modèle insurpassable de la virilité. Ainsi seront rapportés et répétés avec orgueil les propos du hadîth : « Le Prophète faisait une tournée conjugale auprès de ses épouses dans le seul temps d’une nuit et de la journée suivante, alors qu’elles étaient au nombre de onze. » « Il avait la force de trente hommes », dit un autre hadîth. Anne-Marie Delcambre, docteur en droit et en civilisation islamique, nous conte avec un talent digne de Shéhérazade les mille aventures du Prophète, tout en analysant, avec sa rigueur de juriste, les sourates du Coran qui évoquent la position de la femme musulmane et les dures réalités de la polygamie.
Mahomet à Médine, un Prophète polygame
Mais il s’agit là, entre 622 et 632, du Mahomet de Médine, un Prophète devenu abondamment polygame, puisqu’il épousa treize femmes. Il ne consomma pas le mariage avec deux d’entre elles, dont Asma, parce qu’elle était lépreuse. À sa mort, Mahomet laissa neuf épouses.
Sawda était une veuve de cinquante ans, sans attraits.
Dès 619, Abû Bakr lui avait donné en mariage sa fille Aïcha, alors âgée de six ou sept ans. Le Prophète consommera le mariage plus tard à Médine, quand la fillette, la « petite blondine », aura neuf ou dix ans.
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