Par Joie Des Mots
Sous prétexte de conter l’histoire de Justo Gallego, un nonagénaire bâtisseur de cathédrale amateur à Mejorada del Campo, cet étrange texte ouvre la voie pour un voyage dans le temps et l’Espagne des décennies soixante et soixante-dix, de la Movida, de la fin du franquisme et du début de la bétonnisation des côtes. Une livraison plus intime que jamais, dans laquelle Mark Greene et le « je » du récit ne font qu’un.
Il est question de construction, dans son sens le plus abstrait. Très vite, le parallèle se dessine, sans forcer, entre architecture et littérature. Justo n’avait pas de plan lorsqu’il a donné le premier coup de pioche. Il récupérait des briques délaissées par les fabriques pour leurs malfaçons et les assemblait. Écrire et bâtir reviennent au même pour Mark Greene: à espérer trouver une autre pierre, une autre phrase, puis une autre, et encore une autre, à ajouter à l’édifice, jusqu’à ce que celui-ci prenne forme.
Si l’on n’a pas de plan, c’est que l’on ne terminera jamais son ouvrage. Justo Gallego construit sa cathédrale pour rien. Il le sait, le revendique, c’est sa signature. « Il est l’inverse d’un agité contemporain, de ces individus qui se déplacent sans cesse et, en fin de compte, ne font rien. »
http://www.causeur.fr/batisseurs-cathedrales-justo-gallego-40312.html

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