Par Joie Des Mots
Après avoir accroché ma première rangée de corde à linge, au fond du jardin, j’y ai suspendu deux par deux les mots, la tête en bas pour qu’ils comprennent le sens de la vie. Mots de lin et de coton, ils ont toujours cette même odeur de bonne lessive, de linge frais aux essences de lavande séchée dans le fond d’un placard secret, ce parfum particulier du savon de Marseille qui sent Pagnol jusque dans les socquettes, toutes ces odeurs de notre enfance de mots bonbons, d’habits bien propres, de robes de chambre chaudes comme un désir, et de laine de pull fait main par l’être aimé ; odeurs de pyjama à regarder la nuit les étoiles, dans des draps nets comme ceux des eaux percés de nénuphars, avec de l’antimite pour chasser les mauvais rêves.
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