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De la démocrassie à la dictature encore soft ...

De la violence et de la sécurité

 

Selon un lieu commun, l’Histoire s’est faite à coups d’épées. L’homme est un primate querelleur, dominateur, occasionnellement cruel envers ses semblables et les autres animaux. La guerre, la chasse, ersatz de guerre en temps de paix, les violences conjugales dont furent victimes si souvent les femmes et les enfants témoignent de cette tare de l’espèce. Trop d’humains aiment les armes, instruments de mort, les récits guerriers, les grands frissons générés par le spectacle des affrontements et des sévices. Cependant, je n’en resterai pas à cette constatation déprimante et je me refuse à une résignation morose consistant à abandonner l’humain à son vice destructeur.

Pour être plus précis, je pense que les mesures d’ordre visant l’ennemi doivent être circonscrites à la guerre et non étendues à l’ensemble de la société. Sous prétexte de prévenir et de réprimer le terrorisme, l’État ne doit pas banaliser les écoutes téléphoniques, les perquisitions préventives, les assignations à résidence de syndicalistes, de militants politiques de gauche, de droite ou d’écologie, citoyens étrangers à la guerre en cours. Le piège actuel tient à ce que le législateur édicte des lois de sécurité susceptibles de frapper toute personne en rupture avec l’ordre établi et nullement terroriste. L’État d’urgence a été ainsi détourné de sa seule raison d’être, notamment à l’encontre d’écologistes lors de la conférence de Paris sur le climat. Messieurs les gouvernants, faites la guerre à ceux qui tuent, mais ne profitez pas de ce conflit pour limiter la liberté.

 

Si la sécurité devait se payer au prix d’une régression des Droits et garanties fondamentales, les ennemis de la liberté auraient gagné, à défaut de 70 vierges dans leurs paradis, un retour vers le passé. La vie et la liberté individuelle méritent une défense vigilante. La répudiation de la violence ne suffira pas à sauver une civilisation fragile et menacée, mais elle offre l’espoir de temps plus empathiques.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article36037

 

Gérard Charollois

 

ecologie-radicale.org

 

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