Par Joie Des Mots
Contrairement à ceux des pays de langues latines, les dirigeants des pays anglo-saxons – en premier lieu ceux des États-Unis
– ont depuis longtemps compris la densité stratégique du lien linguistique entre les individus. Le contraste avec la France, pour ne prendre que cet exemple, est frappant : à Paris, il y a
certes toujours un ministère chargé de la francophonie dans chaque gouvernement, mais sans moyens financiers, sans visibilité médiatique et surtout sans la moindre influence politique. Qu’ils se
réclament de la gauche ou de la droite, la plupart des responsables publics, au pouvoir ou dans l’opposition, prononcent occasionnellement quelques phrases de soutien à la francophonie – comme
s’ils déposaient de manière rituelle un bouquet de fleurs sur une tombe – mais ils n’y croient pas une seconde. Ils sont trop fascinés par l’anglais, et leur seule véritable politique
linguistique consiste à promouvoir l’usage de cette langue dans le système éducatif et dans la vie professionnelle des Français.
Bernard Cassen
Altermonde-sans-frontières
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