Par Joie Des Mots
Par Philippe Bilger
Il est clair - et sur ce point il y a consensus - que nous n’aurons jamais un gouvernement Valls 3 sauf à ce que notre planète démocratique tourne au délire. Il est clair aussi que les tentatives de théorisation sur la nature politique du gouvernement Valls 2 sont vouées à l’échec tant les avis sont divers et contrastés : il serait libéral pour Marie-Noëlle Lienemann ; terriblement conservateur pour Pascal Durand ; dans la tradition de Blair ou Schröder pour Karine Berger ; un gouvernement de l’immobilisme pour Marielle de Sarnez ; de gauche "évidemment" pour le sénateur Didier Guillaume ; un questionnement si on entend Laurent Fabius pour Patrick Devedjian et, enfin, pour Thierrey Pech, toute politique de l’offre n’est pas de droite.
S’il me fallait prendre un parti, j’irais volontiers vers l’appréciation très fine de Michel Onfray pour qui "les deux camps sont l’avers et le revers de la même médaille". Ce débat de nature théologique a d’autant moins d’importance que le seul souci des citoyens est de pouvoir vérifier le plus rapidement possible si ce nouveau gouvernement est opératoire et si ce qu’il va mettre en œuvre avec constance et, dorénavant, sans aucune dissidence en son sein, va réussir ou non. Rien ne serait pire que ce sentiment trouble d’un échec désiré. À consulter les sondages, l’opinion dominante n’est pas enthousiaste, c’est le moins qu’on puisse dire, et les chefs de l’exécutif, selon l’expression de Montebourg, en plein désamour populaire.
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