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Dette, crise ... situation organisée pour nous écraser ...

La « crise de la dette » : un point de vue marxiste

Par Pierre Ginon

 

Le débat sur la dette publique domine la scène politique française et européenne. Il ne s’agit pas là d’une question académique, mais bien politique et sociale, car elle détermine la manière dont la classe capitaliste de l’Union Européenne instaure, par l’action de la BCE et des gouvernements des États membres, une politique visant à faire payer la crise et porter le poids de cette dette aux travailleurs – une politique d’austérité.

La dette d’un système en crise

 La vérité est que la dette publique ne nous appartient pas et n’est pas remboursable. Elle est l’œuvre du capital privé, pour lequel la dette publique est source de profit privé, raison pour laquelle la dette existe et, sous ce système, continuera d’exister. L’État est donc appelé à garantir les marges de profits du capital, par le biais direct des marchés publics, des grands chantiers ou de l’industrie militaire. Mais aussi comme débiteur, prêt à garantir des intérêts qui rémunèrent la finance. Le « marché de la dette » révèle donc le paradoxe de la crise du marché en général et de la manière dont le capitalisme est entré dans sa phase sénile : la « libre initiative privée », tant glorifiée, ne vit pas de sa propre initiative ! Et pourtant, les mêmes capitalistes et leurs relais médiatiques glosent sur le gaspillage public : trop de soins, trop d’éducation, trop de repos ! Aucune ressource publique ne doit être gaspillée pour garantir l’existence de l’aventurier de la Bourse ou de l’usurier bancaire.

Ainsi cette dette n’est pas la nôtre, mais celle d’une poignée de parasites qui sont les véritables donneurs d’ordre dans notre société. Elle n’est pas plus « remboursable » ; de fait, ce n’est pas le véritable objet des discussions des institutions financières, qui s’évertuent plutôt à inventer des plans garantissant que les États continuent à financer leur dette, en payant des intérêts. Aucun État européen sous la coupe des plans d’austérité n’est à même de rembourser les sommes astronomiques de leurs dettes publiques. L’exemple français est significatif : quand d’un côté Sarkozy ou Hollande peinent à dégager entre 30 et 40 milliards de coupes budgétaires sur une année, de l’autre la France continue d’emprunter 170 milliards par an aux marchés, pour une dette d’un montant total de plus de 1 800 milliards fin 2012.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article28401

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