Par Joie Des Mots

"(…) Nos paroles sont lentes à nous parvenir,
comme si elles contenaient,
séparées,
une sève suffisante pour rester closes tout un hiver ;
ou mieux, comme si,
à chaque extrémité de la silencieuse distance,
se mettant en joue,
il leur était interdit de s'élancer et de se joindre.
Notre voix court de l'un à l'autre ;
mais chaque avenue,
chaque treille,
chaque fourré la tire à lui,
la retient, l'interroge.
Tout est prétexte à la ralentir.
Souvent, je ne parle que pour toi,
afin que la terre m'oublie…"
René Char
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