Par Joie Des Mots

Est-ce qu'on peut emporter au tout dernier instant,
lorsqu'on bascule dans la nuit,
un ultime souvenir,
d'un être qu'on a terriblement aimé,
ou de choses qu'on a terriblement aimées ?
On ne partirait pas tout seul.
On garderait l'empreinte d'un amour,
qu'on n'en finirait pas de serrer contre soi.
L'éternité entière pour se souvenir,
de cet être, de ce lieu, de ce moment,
pour se souvenir encore et encore,
et revoir, et rêver, et éprouver.
La nuit ne serait pas profonde mais heureuse, ardente.
Semblable à un ciel traversé d'éclairs.
Laurence Tardieu
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