Par Joie Des Mots
Le Prince Édouard a enfin fini par reculer devant la colère populaire exprimée par les Gilets jaunes. Mais il aura fallu attendre que les casseurs fassent peur pour qu’un coup de canif soit enfin porté dans la semi-dictature que nous subissons depuis mai 2017.
Je ne crois pas être le seul à être passé devant un radar recouvert d’un sac poubelle, ou peinturluré, ou brûlé, sans avoir éprouvé une secrète et inavouable jouissance, surtout par rapport à ceux d’entre eux qui sont placés à des endroits parfaitement inutiles pour la sécurité mais très utiles pour regonfler les caisses d’un État qui ne nous représente plus (et la fortune des fabricants de ces appareils maudits). Je n’ai pas éprouvé de profonde détresse en voyant qu’on avait saccagé certaines barrières de péage des autoroutes naguère propriétés de l’État et devenues, grâce à Dominique de Villepin, un honteux instrument de racket dans lequel se précipitent davantage, hélas, mes concitoyens condamnés à se traîner à 80 km/h sur les routes normales. Oserai-je le dire : je me suis même reproché de n’avoir pas eu le courage physique d’avoir participé à ces saccages. On sait que certains radars ont été vandalisés par de braves pères de famille quadragénaires qui n’avaient jamais rien cassé : n’est-ce pas le symptôme d’un abus de pouvoir imbécile et aveugle de la part de gouvernants bornés, insensibles et insincères ? Jamais, depuis des décennies, l’autorité publique n’a été autant rejetée parce que, au lieu de punir les coupables, elle brime quotidiennement des gens qui ne sont ni des délinquants ni des assassins.
https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/notre-malaise-devant-les-casseurs-210340

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog