Par Joie Des Mots
Par Christian Maurel
Aujourd’hui et plus que jamais, en France et dans le monde, de nombreux évènements et faits sociaux, nous conduisent à nous poser cette question de l’inadaptation et, en quelque sorte, de la fin possible des partis politiques, ces organisations sociales et publiques qui sont consubstantielles de notre démocratie représentative et qui émergent, dans notre pays, dans la deuxième partie du 19ème siècle.
La réalité dont nous parlons et qui fonde notre propos n’est pas de nature conjoncturelle (une défiance démocratique passagère) mais bien structurelle - même s’il y a fort à parier que le dépérissement de ces partis politiques, dans leur forme actuelle, ne soit que progressif et que leur passé glorieux ne dure encore longtemps. Les signes de cette crise profonde, qui pourrait les condamner au discrédit, à leur étiolement et à leur perte, sont nombreux. Ils sont ceux d’une démocratie représentative délégataire à bout de souffle : perte d’audience électorale et citoyenne, désengagement militant, clientélisme, corruption, recherche effrénée et accumulation des pouvoirs entre les mains de quelques uns, affaiblissement des vertus publiques servant l’intérêt général, personnalisation de la vie politique, impuissance face aux lobbies économiques et financiers… Leur organisation et leur fonctionnement sont chez tous (on aurait beaucoup de mal à trouver des exceptions) dépassés par le mouvement de l’histoire, comme cette hiérarchisation et cette centralisation d’une autre époque : il arrive encore souvent que le militant de base soit condamné à distribuer localement, dans son quartier, sur son marché, le tract élaboré et envoyé par Paris... Et en période électorale, à n’être mobilisé que pour « faire du collage et du boitage », remplir les bus et assurer la claque du meeting.
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