Par Joie Des Mots
Plus efficaces que les abeilles domestiques pour la pollinisation, les espèces sauvages disparaissent peu à peu.
La crise des pollinisateurs est moins connue que la crise du subprime ou la crise économique, dont on parle tous les jours.
Et pourtant, elle est bien réelle, elle est durable et semble inexorable. Elle pourrait coûter très cher à l'économie mondiale puisque la contribution des insectes pollinisateurs à la production
agricole est évaluée entre 190 et 320 milliards de dollars par an et à 2,8 milliards par an pour l'agriculture française, selon une étude conduite par Bernard Vaissière, de l'Inra, et Fabrice
Allier, de l'Institut de l'abeille (Itsap), à paraître prochainement.
L'expression «crise des pollinisateurs» est apparue dans les années 1990. Nombre de scientifiques l'attribuaient alors aux
hécatombes que les abeilles domestiques (Apis mellifera) commençaient à subir à cette époque. Depuis, le phénomène s'est propagé: les apiculteurs voient dépérir une partie de leurs ruches dans
presque toutes les parties du monde.
Deux études publiées cette semaine dans la revue Science révèlent que, contrairement à ce qu'on croyait, la mauvaise santé
des abeilles domestiques n'est pas la principale cause de cette crise. Car les rois de la pollinisation, de loin les plus efficaces, ce sont des insectes pollinisateurs sauvages, comme les
abeilles solitaires, dont il existe un millier d'espèces en France, les syrphes, les bourdons et plusieurs espèces de mouches. Or, depuis plusieurs décennies, ces insectes sont massivement
éliminés par les pesticides, la diminution de la biodiversité et la destruction des habitats où ils nichent.
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