Par Joie Des Mots
Et si nos aïeux avaient utilisé l'ombre portée de statuettes d'animaux sur les parois des grottes de Lascaux, Chauvet ou Altamira pour produire les chefs-d'oeuvre de l'art pariétal ? C'est la théorie inédite défendue dans «La plus vieille
énigme de l'humanité»(Fayard) par deux auteurs. Tous deux non-préhistoriens, Jean-Jacques Lefrère, professeur de médecine, et Bertrand David, peintre et dessinateur, racontent dans ce livre
comment ils ont imaginé et expérimenté ce procédé. Les hommes préhistoriques auraient utilisé, selon eux, l'ombre portée d'une figurine sculptée pour tracer d'un trait sûr le contour d'un cheval
ou d'un bison sur la paroi des grottes, la source lumineuse étant une lampe à graisse placée derrière la statuette. À l'appui de leur thèse, les auteurs avancent plusieurs arguments: les figures
d'animaux sont toujours de profil, comme des silhouettes. Et si le contour de l'animal est précis, l'intérieur est en général moins élaboré. Par ailleurs, les figurines pouvaient être
transportées aisément par ces nomades et le procédé transmis. Selon eux, il est aussi plus facile de modeler une figurine que de dessiner de mémoire un animal.
Une théorie «peu plausible»
Pourquoi cette idée n'a-t-elle jamais été avancée par des préhistoriens? «C'est tellement simple que cela paraît presque
trivial. Certains sont cependant passés très près», assure Jean-Jacques Lefrère, également historien de la littérature. Pour Jean Clottes, spécialiste de l'art pariétal, la théorie des auteurs
est «peu plausible». «On ne peut pas prouver que ce procédé n'a jamais servi, mais cela va à l'encontre de la diversité des représentations. Deux bisons, deux lions ou deux chevaux ne sont jamais
pareils, y compris dans la même grotte», explique-t-il.
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