Par Joie Des Mots
Par Mathilde Mathieu
Outre son rendez-vous contesté avec Jean-Pierre Jouyet, François Fillon se voit aussi reprocher d’avoir instrumentalisé les commissaires aux comptes de l’UMP. Ce sont eux, en saisissant la justice en juin 2014, qui ont déclenché « l’affaire des pénalités » visant Nicolas Sarkozy. En France, les commissaires aux comptes peuvent-ils contrôler les partis politiques en toute indépendance ?
François Fillon avait misé gros sur « l’affaire des pénalités ». Ses proches imaginaient déjà Nicolas Sarkozy à la barre du tribunal, sommé d’expliquer de quel droit, après le rejet de son compte de campagne, il avait fait payer ses 500 000 euros d’amende par l’UMP. Mais « l’affaire des pénalités » s’est brutalement retournée. Un temps suspecté de « recel d’abus de confiance », Nicolas Sarkozy s’apprête à bénéficier d’un non-lieu. Et François Fillon se voit aujourd’hui reprocher d’avoir instrumentalisé le dossier, non pas seulement en rencontrant le Secrétaire Général de l’Élysée (lire le compte-rendu de l’audience du 28 mai 2015), mais aussi, et avant tout, en incitant les deux commissaires aux comptes de l’UMP à saisir la justice. Sans leur signalement d’un potentiel « abus de confiance » en juin 2014, l’affaire n’aurait pas existé.
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