Par Joie Des Mots
La définition de cette expression est connue de tous, elle
signifie faire des économies dérisoires, voire ridicules ; seulement savez-vous de quelle époque elle date ?
Avant tout il faut savoir que la chandelle était faite de gras d'animaux qu'on tuait pour se nourrir, contrairement à la bougie qui était
faite de cire d'abeille, elle était donc peu chère et surtout dégageait une fumée noire envahissante. Les riches et le clergé s’éclairaient à la bougie, alors que les pauvres
devaient se contenter de la chandelle, depuis le terme de chandelle s'est anoblit par rapport à la bougie, étonnant non ?
Voici ce que j'ai appris en visitant, récemment, le musée de la Police à Paris : en 1667, le premier lieutenant général de la police,Nicolas de la Reynie, a été nommé, notamment
pour appliquer le mot d’ordre « netteté, clarté, sécurité ». Aussi, il s'empresse d'ordonner la mise en place du premier éclairage public des rues pour la période du 1er novembre au 1er
mars, y compris les soirs de pleine lune, car la visibilité la nuit enraye la criminalité.
Cet éclairage est réalisé grâce aux chandelles, pluss économiques, l'électricité n'existant pas, mais l'inconvénient de ces premiers réverbères est qu'il faut les descendre toutes
les heures pour couper les mèches charbonnées.
Les bouts de chandelle étaient récupérés puis refondus pour pouvoir être réutilisés, les riches trouvaient ce procédé de la police parisienne mesquin, insignifiant et ridicule, voilà
pourquoi de nos jours cette notion de dérisoire est resté dans cette expression alors que l'idée première était d'économiser intelligemment. Comme quoi la noblesse a encore laissé
trace (et pas du plus bel effet) !
Il lui fit voir 36 chandelles lors d'un magnifique souper aux chandelles, se cachant bien de brûler la chandelle par les deux bouts, car sans doute "il lui doit une
fière chandelle, même si ce jeu n'en vaut pas la chandelle", se dit-il intérieurement...
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog