Par Joie Des Mots
Sur les six cordes de boyau de la guitare, avec quatre lignes de mots sortis de ses entrailles, le peuple chante sa
peine. C'est une fenêtre ouverte sur l'âme de tout homme. C'est la Copla. Nul poète n'a su exprimer avec tant d'intensité et une telle économie de mots, les fleurs et les ronces de la passion et
du désespoir. Il n'y a pas, chez l'auteur anonyme de la copla, intention d'art. Il chante quand cela lui chante, se plaint quand il a la peine; il mêle souvent l'amour avec la mort, rarement avec
la joie. Il n'écrit pas, il donne son soupir au vent et le vent le rapporte. Chaque Copla est la pointe -sèche d'un des motifs qui sont la vie et la transe de l'être ; motifs perpétuels, communs
et limités: la femme et l'homme, l'amour, la haine, la pauvreté, la peine, la mort. Un accent inouï, un sens extrême de l'évocation. Avec une image tout un drame est dit. On entent mais surtout
on voit . Et presque toujours c'est triste comme la condition humaine; une légère ironie effile, parfois, l'âpreté du cri. Aucune nation n'a donné à la poésie d'éternité un tel ensemble de
chants, jaillis anonymement de chaque papille de son jour, de chaque étoile de sa nuit, de son héroïsme et de sa faillite, poésie de chair et d'âme que sont le romancero espagnol, le Cancionero,
et le cante Jondo" Guy Lévis Mano.
Dans l'art Flamenco, Le Cantaor chante la musique des mots. Il accorde tout d'abord son Cante à l'esprit de son texte,
tragique ou léger, puis , il utilise chaque phrase pour en faire une ligne musicale qu'il modèle selon son style.
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