Par Joie Des Mots
Quand j'ai commencé à travailler, les bâtiments étaient en préfabriqués, situés dans l'enceinte de l'Hôpital Saint-Jacques qui était considéré comme l'hôpital des fous. A Nantes, quand nous rencontrions un "timbré", nous disions "tout le monde n'est pas à St Jacques" !!! Et nous nous trouvions vraiment au coeur de ces lieux d'internement, entre celui des hommes et celui des femmes. Dans le milieu hospitalier, on commençait à se dire qu'il fallait qu'ils sortent, donc les jours de mardi gras, certains de déguisaient et se promenaient dans les allées, je trouvais ça d'un sinistre. Ils avaient des ateliers où il travaillaient le rotin, vendaient des paniers et des fauteuils. C'était du beau travail et quand nous commandions, il fallait aller les chercher dans le service, nous y allions toujours à plusieurs. Le rituel des portes, comme en prison ... un peu inquiétant. Et il y avait l'atelier où ils fabriquaient et vendaient. Il y avait ceux qui étaient aptes à ce travail et ceux qui étaient vraiment dérangés qui erraient dans la pièce en nous regardant comme des bêtes curieuses ... c'était vraiment éprouvant et triste de penser à ce monde qui ne verrait jamais l'extérieur ... Je crois qu'à cette époque, toutes les maisons que je connaissais avaient ce genre de fauteuil ...
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