Par Joie Des Mots
On peut tout craindre de ces gens pour qui le profit est la seule loi !
C'est la conclusion d'une enquête ordonnée par le Parlement japonais. Elle met en cause la gestion de l'opérateur Tepco et du gouvernement. Et pointe des retards dans les travaux
antisismiques.
Le désastre qui a frappé la région de Fukushima, obligeant 150 000 personnes à quitter leur domicile, « est le résultat d'une collusion entre le gouvernement, les agences de
régulation et l'opérateur Tepco, et d'un manque de gouvernance de ces mêmes instances », affirme le rapport de la commission d'enquête mandatée par le Parlement.
Fruit de six mois de travail, ce document de 641 pages est accablant. « Les causes fondamentales sont les systèmes d'organisation et de régulation qui se sont basés sur des logiques
erronées dans leurs décisions et leurs actions, et non pas un problème de compétence d'un individu en particulier. » Les membres de la commission disent avoir « relevé
une ignorance et une arrogance impardonnables pour toute personne ou organisation travaillant dans le nucléaire. Nous avons découvert un mépris pour la sécurité du
public ».
« Décisions reportées »
L'accident s'est produit après un séisme de magnitude 9 qui a déclenché un tsunami sur tout le littoral, faisant 20 000 morts et disparus. Une vague de 15 mètres a déferlé sur la centrale
Fukushima Daiichi, noyant les systèmes de refroidissement des réacteurs et les générateurs de secours situés en sous-sol. Le rapport d'enquête reproche à l'opérateur de ne pas avoir réagi
suffisamment vite après l'accident.
« La direction de Tepco était consciente des retards dans les travaux antisismiques et des mesures contre les tsunamis et savait que Fukushima Daiichi était vulnérable, souligne
encore le rapport. Les agences de régulation et la direction de Tepco n'ont délibérément rien fait, ont reporté leurs décisions ou ont pris des mesures qui les
arrangeaient. »
Présidée par le professeur Kyoshi Kurokawa, la commission était composée de 10 membres (sismologue, avocats, médecins, journaliste, professeurs) désignés par les parlementaires. Plus de
1 100 personnes ont été auditionnées. Le Premier ministre au pouvoir au moment des faits, Naoto Kan, a reconnu la responsabilité de l'État, mais défendu la façon dont il a géré la crise tout
en admettant quelques cafouillages.
Dans son propre rapport publié en juin, Tepco a démenti toute responsabilité, imputant au tsunami la cause du désastre. Selon la compagnie, la puissance du séisme et l'ampleur du tsunami ne
pouvaient pas être raisonnablement envisagées. « Cela ressemble à une excuse pour échapper à ses responsabilités », réplique la commission.
Ouest-France
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