Par Joie Des Mots
De l’autre côté de l’image
On s’interroge sur le devenir du mouvement des Gilets Jaunes et sur leur récupération. Est-ce un mouvement, d’ailleurs ? Non, les GJ c’était un sursaut, un appel, un cri comme savent en pousser parfois ceux qui toute leur vie acceptent leur misère comme la norme et qui un jour, devant une étincelle, un rien, apprennent à dire non.
Beaucoup de ceux qui étaient sur les rond points, petits commerçants, employés, ouvriers, marginaux de tous bords, sont maintenant rentrés chez eux. Les journalistes ont tendu un moment leur micro, et puis sont rentrés dans leurs salles de rédaction guetter les prochains vacarmes qui font l’actualité. Chaque samedi ils annoncent le « désormais rituel » rendez-vous. Ce qui fut un sursaut est devenu une habitude, avec son lot de craintes de violences. Les caméras guettent les saccages, les insultes, les violences. Chaque samedi les objectifs se braquent sur des silhouettes en contre-jour, bras levé dans une rue enfumée. Et on se dit que c’est ça, ce qu’ils sont devenus, « Les » Gilets Jaunes. On ne cherche plus à écouter, à comprendre le désarroi, les envies, les espoirs, les doutes. On fait des sondages de popularité. Et les opinions se font et se renforcent au gré de ces clichés.
https://blogs.mediapart.fr/sarah-roubato/blog/050319/les-mouvements-sociaux-face-la-crise-de-la-representation

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