Par Joie Des Mots
Mais, que notre cœur bat, à ton heure dernière !
Quand l’Océan, joyeux de ta défaite altière,
Enflamme ses abîmes verts ;
Quand, sublime exilé, levant un œil humide
Vers les champs azurés de ta gloire rapide,
Tu contemples les cieux
déserts !
Hélas ! gloire, beauté passent, banni céleste !
Mais l’abîme fécond des flots
Dans ton vol immortel est un lieu de repos :
Soleil, on peut mourir, quand l’éternité reste.
Du splendide Orient monarque solennel,
Devant ton char d’éclairs dont s’embrase le ciel
Les mers s’entr’ouvrent d’elles-mêmes ;
Adieu, mourant sublime, astre de flamme et d’or,
Adieu, la nuit s’abaisse et l’univers s’endort,
Baigné de tes rayons suprêmes :
Majestueux soleil, de ton linceul pourpré,
Gomme un guerrier vaincu, voile ton front sacré !
Leconte de Lisle (extrait)
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