Par Joie Des Mots
Par Paul Sorel
Le 14 décembre, lendemain des élections, Valls est venu faire sur France 2 des annonces qu’il voulait solennelles. Intégrant, comme l’ont confirmé les sondages, que la première préoccupation des électeurs était le chômage et l’emploi, il a déclaré : « Il y a l’État d’urgence. Il y a aussi une urgence économique. » Et de préciser sa pensée par « la nécessité d’accélérer plus que jamais », c’est-à-dire de « poursuivre le mouvement de réformes ». Le nouveau plan de combat du gouvernement doit être annoncé par Hollande en janvier.
Les mesures concrètes avancées par Valls seraient « un plan massif de formation des chômeurs », « mettre le paquet sur l’apprentissage », ou encore finaliser la convention, en cours de renégociation, sur l’indemnisation du chômage. De tout cela le monde du travail ne peut rien attendre de bon, mais au contraire une offensive renforcée contre ses droits. Même en ce qui concerne les mesures concrètes annoncées, il s’agit de montrer du doigt, non pas les employeurs et l’État qui continuent de supprimer massivement des emplois, mais les chômeurs eux-mêmes et tous ceux qui recherchent un emploi, voire ceux qui en ont encore un. Les chômeurs pas formés, les jeunes n’ayant pas la formation leur permettant d’entrer sur le marché du travail, voilà le sempiternel refrain que reprennent les politiciens de droite et de gauche depuis des années, pour justifier qu’ils ne font rien pour empêcher les licencieurs d’agir en toute liberté. Si l’on se référait ne serait-ce qu’au sort réservé aux jeunes ultraformés ayant bac +4, +5 ou même +6, on serait en droit de demander à Valls de qui il se moque.
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