Par Joie Des Mots
Par Juliette Keating
Il suffirait de ficher la paix aux individus pour que soudain l’air devienne beaucoup plus respirable. Mais il paraît que c’est comme ça, pas autrement.
Quand, pour la première fois après l’hiver toujours trop long, tu te réveilles dans la lumière naissante du printemps qui ainsi s’annonce, quand tu te fais un café en jetant un œil sur les bourgeons du lilas s’ouvrant en toutes petites feuilles vertes, quand le soleil tape au carreau de l’immeuble d’en face, qui te renvoie ce rayon chaud sous l’aspect d’une raie jaune glissant sur le mur de la chambre, quand tout le monde dort dans la maison et que le silence bruisse des piaillements des oiseaux de la ville, du roucoulement répétitif des ramiers, alors tu te dis qu’il suffirait de peu pour que ce monde soit vivable.
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