Par Joie Des Mots
Par Juliette Keating
L’Homme est-il plus respectueux de lui-même au vingt-et-unième siècle ? Il n’en est évidemment rien. L’humain aujourd’hui ne vaut pas plus qu’hier.
Le vingtième siècle fut le long égrènement d’un chapelet de massacres. Du sang versé dans les guerres et les génocides, de tous ces crimes abominables et absurdes, les rêveurs espéraient l’avènement d’une plus grande sensibilité à la souffrance humaine, un surcroît de respect des hommes et de leurs différences. On avait vu de nos yeux de quelles ignominies l’être humain était capable, on pensait pouvoir aborder l’avenir en proclamant fermement : plus jamais ça. Et l’on institua des organisations internationales censées prémunir les populations contre un retour de l’horreur. L’Homme est-il plus respectueux de lui-même au vingt-et-unième siècle ? Il n’en est évidemment rien. Non seulement les guerres persistent, mais elles touchent de plus en plus les civils, chaque jour le commerce lucratif des armes tue des enfants. Les populations en exil font l’objet de tractations comptables, sont recluses dans des camps, meurent sur le chemin de leur fuite pour une survie que les gouvernements des États qui pourraient les accueillir ne leur accorde pas.
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Mais il y a aussi ceux qui résistent, crient leur refus de ce monde qu’on leur impose, créent des solidarités nouvelles, se dressent contre les États oppresseurs conduits pour servir des intérêts qui ne sont pas les leurs. Sur eux tombent les coups de matraque et la répression. On vient d’en avoir un nouvel exemple lors des manifestations des étudiants mobilisés contre la "Loi Travail". C’est la mise en avant de ces luttes, de ces actes de résistance, que devraient accomplir les médias s’ils diffusaient une information libre. Faute d’appui, il s’agit de s’en remettre à nous-mêmes pour tenter d’effacer la peur et de renverser enfin cette société mortifère de l’humiliation.

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