Par Joie Des Mots
On ne peut s’empêcher, durant les vacances, où les événements moins denses apparaissent dans une clarté aveuglante et singulière, de faire se télescoper, par exemple, l’amabilité du Pouvoir et son impuissance, la dureté d’une société et sa mièvrerie. Le chômage ne baisse pas mais on ouvre au public le premier dimanche du mois le parc de l’Élysée. Beaucoup vivent mal mais on prétend leur apprendre à vivre.
Bientôt, j’en suis sûr, tant l’impudeur et l’indécence ne vont plus avoir de limites, on fera la promotion de coachs pour la mort, de formateurs pour le dernier instant pour nous arracher notre singularité quand elle sera notre ultime secours. J’en ai assez de cette dérive qui, reléguant le citoyen dans un coin où il remâche sa déception et son amertume, prétend le consoler en le dispensant du "dur métier de vivre" selon la belle expression de Cesare Pavese. Ils nous pourriront tout.
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Philippe Bilger

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