Par Joie Des Mots

Je ne serais pas un exilé,
parce que j’emporte avec moi la langue italienne
qui me permet de vivre partout.
L’exil serait pour moi d’écrire dans une autre langue.
Je peux en parler d’autres, les lire,
mais l’italien est ma patrie, littéralement,
parce que c’est la langue transmise par mon père.
Cet italien que nous nous échangeons est un fleuve.
Dans son lit, se déversent les dialectes affluents qui descendent en torrents de plus haut.
C’est notre fleuve Amazone, cette langue.
Elle débouchait dans la Méditerranée,
maintenant elle se jette dans toutes les mers et les océans de la terre,
partout où les nôtres sont allés pour trouver mieux.
Erri de Luca
Maintenant, en France nous n'entendons parler qu'Arabe ....
La remontée de notre Amazone !!!
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