Par Joie Des Mots
Le plouc, d'habitude, depuis déjà très longtemps, obéissait aux exhortations politiques. Il votait comme on lui disait de voter et filait droit de peur de se faire sermonner par les gens qui savent. Dés que l'un d'eux essayait tant bien que mal d'exprimer ses angoisses, ses inquiétudes pour lui et ses proches, il parlait comme au « café du commerce ». Et bien sûr, bien vite, l'on invoquait le populisme. Comme la plupart des observateurs après les élections en Italie qui ont vu la victoire d'une coalition de droite, et réellement à droite, à savoir ni libérale molle, ni libérale libertaire, de droite.
Le plouc voit des migrants arriver dans son quotidien, des pauvres d'entre les pauvres aidés avant d'autres pauvres d'entre les pauvres mais non exogènes et cela c'est très mal à ses yeux d'ingrat. Il ne peut pas comprendre que notre identité change, que nous sommes maintenant multiculturel, tu vois, multicolore, tu vois, que tous les nantis se disent « citoyens du monde » par vanité. Lui, il aimerait bien qu'on l'aide quand même un peu quand ses fins de mois commencent au 5 de chaque mois. Car en plus le plouc est un matérialiste soucieux des choses terrestres et de ses revenus.
Alors que depuis une éternité, enfin une période semblant une éternité, on le somme de ne plus se soucier de rien, tout ira bien s'il laisse les oligarques, les nantis entre eux, qu'il ne cherche pas à remettre en question leur pouvoir, leurs privilèges. On ne lui demande pas grand chose au plouc, on tient surtout à ce qu'il ferme sa gueule.
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