Par Joie Des Mots
Par Collectif CAMédia, (Collectif d’abonnés de Médiapart)
L’État d’urgence, prolongé jusqu’en février 2016, taille dans les libertés publiques afin, nous dit-on, de veiller à la sécurité des Français : ces décisions radicales ont été prises en un temps record, légitimant des mesures qui échappent à tout contrôle de la justice. Cet acte politique vient après une série de mesures qui témoignent de la coupure profonde entre gouvernement et citoyens.
Ainsi, il y a peu, le ministre de l’Économie considérait la légitimité accordée par le suffrage universel comme une affaire « d’un ancien temps » dont on pourrait s’affranchir, alors que le président de la Commission européenne déclarait qu’« il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » et que les gouvernements imposent aux peuples des politiques d’austérité réclamées par le monde de la finance. Quel sens peut bien avoir actuellement la référence à la démocratie ? Les taux élevés d’abstention sont là pour souligner le malaise et montrer à quel point les électeurs ont le sentiment que le système représentatif les représente bien mal : pourquoi aller voter puisqu’ils ne seront finalement pas écoutés ? Ce sentiment d’impuissance révèle une démocratie de faible intensité.
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