Par Joie Des Mots
Par Jean-Claude Guillebaud
Alors même que la dette de la France s’accroît sans cesse, l’épargne des Français – le sait-on ? – avoisinait en 2017 les 5 000 milliards d’euros. Elle représente le double de la dette française (2 226,1 milliards d’euros en 2017). C’est fou ! Si l’on en croit la Banque de France, les Français n’usurpent pas leur réputation de fourmis.
Leur patrimoine moyen est supérieur à celui des ménages allemands, espagnols et italiens. Qu’est-ce qui explique cette volonté obsessionnelle de mettre de l’argent de côté ? On connaît la réponse. Les observateurs spécialisés et les éditorialistes constatent la permanence d’un climat de crainte et d’incertitude quant à l’avenir. En poussant les Français à épargner, cette propension frappe de langueur la consommation et l’économie tout entière. Avec un effet pervers bien connu : en réduisant nos dépenses, en nous repliant frileusement sur l’épargne, nous finissons par provoquer cela même que nous redoutions : le marasme de la croissance et l’asthénie économique. C’est ce qu’on appelle une "prophétie autoréalisatrice".
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Tout cela témoigne d’un évanouissement de l’avenir. Le goût immodéré pour les anniversaires et les commémorations et la vogue du rétro ont colonisé le discours médiatique. Cette crise contemporaine s’accompagne logiquement d’un rejet des partis politiques et des syndicats. C’est sur cette vague géante qu’aura surfé Emmanuel Macron. Et maintenant ? Saura-t-il réveiller l’avenir et ranimer l’espérance des classes moyennes et populaires ? Un constat s’impose : elles attendent encore…
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