Par Joie Des Mots
Par Gérard Charollois
La civilisation actuelle, devenue planétaire, se fonde sur une croissance quantitative qui, d’une part, conduit l’humanité à sa perte et, d’autre part, ne semble pas pouvoir être enrayée. Pour illustrer ce fait évoquons un des aspects particulièrement édifiant de cette croissance. Nos contemporains, y compris écologistes, y compris hostiles à la création du scandaleux aéroport de Notre-Dame-des-Landes, veulent prendre l’avion, voyager, visiter les antipodes, bénéficier du dépaysement, découvrir des sites où l’industrie du tourisme les piège.
Ainsi, les Européens nantis ou modestes polluent l’atmosphère et les sites par
leurs déplacements vibrionnaires, sur les autres continents, récréationnels et conditionnés. Dans le même temps, les médias se félicitent de ce que les classes moyennes émergentes de l’Inde, de
la Chine, du Brésil viennent, à Paris, enrichir les tenanciers d’établissements créés pour les satisfaire. Or, il est évident que si tous les Européens voulaient arpenter la muraille de Chine et
si tous les chinois venaient déambuler dans les rues de Paris, l’atmosphère ne résisterait pas. La question n’est nullement d’opiner sur le « bien » ou le
« mal » fondé de l’activité touristique.
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